mensonges…

Aliette d’Ivernois de Panafieu

Revue Couples et familles n° 138

Mensonge, vérité, confiance et respect…

Comment évoquer le tandem « mensonge et vérité » sans qu’il soit exclusivement question de morale ou de droit ? […]

Méfions-nous de cette supposée obligation de dire la vérité, qui, dés l’enfance, satisfait davantage le besoin des adultes de garder le contrôle que celui des enfants de protéger leur intimité. […]

Loin des excès – (mythomanie, abus de confiance… du côté du « Mal » versus fanatisme de la franchise à tout prix du côté du « Bien ») – […] quels sont les risques du mensonge ? Quand peut-il altérer la confiance ou la détruire à jamais ?

Attention à bien distinguer deux formes de confiance. Une confiance authentique, celle que j’accorde à la personne pour qui elle est, à priori, comme un pari, comme un cadeau,

et une autre confiance, sorte de chantage à peine déguisé qui attend des gages, dépend des preuves (bonnes notes, fidélité, ponctualité…) et se conjugue au conditionnel : « Je te fais confiance si tu… ou je te ferais confiance… si j’avais la garantie que tu me dises… la vérité ».

Voilà bien l’illustration d’une manipulation, cousine du chantage affectif et voisine du contrôle, expression d’une exigence de vérité qui réduirait l’autre à mon besoin de savoir ou de dominer…

Or le mensonge et la vérité sont d’abord affaire de relation. Quelles sont mes intentions * ? Plaire, séduire, (me) protéger ? Acquérir du pouvoir, en abuser, voire humilier ?

[…]

La justification de ces mensonges en famille (Père Noël ou petite souris par exemple) est pour le moins contestable même s’ils prétendent soutenir l’imaginaire des petits…

Comme on peut distinguer trois sortes de manipulations, j’ai différencié trois types de mensonges selon les relations qu’ils induisent ou accompagnent :

– D’abord le mensonge au quotidien, le mensonge artifice où l’autre est mon partenaire consentant ou non, heureux ou non, mais présent assurément. Je veux déguiser la réalité, séduire, obtenir quelque chose (gloire, amour, beauté), j’enjolive, je fais mousser, je farde, j’oublie, je dissimule…

Suis-je un(e) illusionniste ?

– Ensuite le mensonge duplicité où mon intérêt prime sur la relation. L’autre est mon rival et je veux marquer des points sur cet adversaire : pouvoir, promotion, titres…

Suis-je un manipulateur ? Dans ce cas, la fin justifie-t-elle les moyens ? Qu’en est-il de mon intégrité morale ?

– Enfin le mensonge imposture. L’autre est absent ou réduit à un objet, voire exclu de mes préoccupations. Je le nie ou le tue (calomnie, faux témoignage…). Il n’est plus question de jouer et de gagner mais de détruire ou de se venger. […]

Suis-je tout puissant ?

[…]

Le mot de la fin sera laissé au duc d’Aumale : « Impossible venir, mensonge suit ».

* Dont certaines inconscientes (ndlc)

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