En séance :
La dame : « Tu es tout le temps jaloux, reconnais le au moins !«
Le monsieur : « C’est pas ça, c’est toi qui… » etc.
La conseillère conjugale, dans sa tête : « Mais si c’est ça..«
Pourquoi est-il si difficile à dire ce mot ?
Pourquoi faut-il « le reconnaître » comme on reconnaît une erreur ou une faute ?
En 1977, dans « Fragments d’un discours amoureux » Roland Barthes évoque la jalousie.
Pour les gens de sa génération, « Etre jaloux, c’est laid, c’est bourgeois » » dit-il.
On ne dit plus de la jalousie qu’elle est bourgeoise, mais elle reste laide (encore que dans certaines cultures, la jalousie, masculine ou féminine, est clairement assumée, et surtout énoncée).
La jalousie est une des premières émotions secondaires, que les enfants éprouvent très tôt (avec la frustration).
C’est une émotion qu’il est important de regarder en face, de reconnaître et de verbaliser, sans honte.
Le problème n’est pas de la ressentir, c’est de savoir ce qu’on en fait, et surtout ce qu’on fait de soi quand on l’éprouve.
Ce n’est pas honteux de se sentir frustré.e, et ça ne devrait pas être honteux de ressentir de la jalousie.
Mieux vaut la regarder droit dans les yeux et le plus tôt possible. La ressentir sans la penser ni la dire ne peut faire que du mal.
La jalousie émane de la peur et génère de la tristesse. Si elle n’est ni dite ni pensée, si cette peur et cette tristesse ne sont ni vues ni considérées, elles deviendront chez certain.e.s de la colère récurrente, et, bien pire, des détonateurs puissants de violence conjugale.
Venir en parler ne peut faire que du bien.
