T’es nul !

éducation

Claudine Rémy – Revue Couples et familles n° 165 – extraits

Le bonnet d’âne n’existe plus, mais la parole négative et les zéros stigmatisent nombre d’enfants.

Ce qui saute aux yeux, vu de l’étranger, c’est « la dictature de la classe ». Ainsi, une importance exagérée est donnée aux évaluations. Toute la mise sous pression qui précède et les humiliations qui en découlent enfoncent les élèves faibles au lieu de les aider à mieux faire. Les notes exercent des effets nuisibles sur le moral, la confiance en soi et les performances ; en effet, un élève peut être pris dans une dynamique de dévalorisation et ne plus s’en sortir.

Bref, le système ne fait pas son travail de base : rendre visibles les acquis des élèves.

Or, l’école doit permettre le développement personnel de l’élève, et ce, dans une ambiance agréable. L’impression de bonheur qu’il ressentira aura un impact sur ses capacités cognitives.

Peter Gumbel*, se fondant sur des sondages de l’OCDE** organisés depuis 10 ans, constatent que les petits français […] manquent de confiance en eux-même s’ils savent leurs leçons. Ils  se sentent nuls même s’ils sont bons. Ils ont peur d’avancer des réflexions originales ; le maître : « On ne parle pas pour ne rien dire ». Ils sont terrifiés à l’idée de faire des erreurs et ils se taisent plutôt que de s’exposer à des jugements négatifs.

Le système scolaire semble plus être dans le jugement, la critique, que dans l’épanouissement de l’élève. L’accent mis sur les erreurs affecte le psychisme des élèves et les décourage. […]

Le hors-sujet est considéré comme un acte « d’extrême nullité ». L’imagination n’est jamais prise en compte à cette occasion. On demande aux élèves un conformisme de bon ton, une obéissance aveugle. Ainsi, le sens de l’initiative ne peut se développer et la curiosité intellectuelle risque d’aboutir à du hors programme malvenu.

Un modèle, la Finlande, dont les méthodes se concentrent sur le bien-être individuel des élèves.

La France, malgré ses médiocres résultats, compte bon nombre d’enseignants prêts à évoluer ou qui ont déjà opté pour le discours et l’attitude positive.

Et c’est Daniel Pennac dans « Chagrins d’école » qui souligne :

« Il suffit d’un prof, un seul, pour nous sauver de nous-mêmes et nous faire oublier tous les autres. »

* Peter Gumbel « On achève bien les écoliers » Grasset 2010

** Organisation de Coopération et de Développement Economiques

 

 

 

 

 

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