« Non, j’ai pas confiance »

…vous dit-il/elle.

Aïe, mauvais temps.

Un peu de science : une équipe de chercheurs de l’Université De Boeck en Belgique (philosophes, psychologues et sociologues) a travaillé sur la notion de confiance et propose cette définition :

« Un état psychologique se caractérisant par l’intention d’accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions (ou le comportement) d’autrui »

Donc,
Faire confiance, c’est accepter d’être vulnérable.
Faire confiance, c’est croire, à priori, que ça va bien se passer, que l’autre nous veut du bien, ou, à tout le moins, ne nous veut pas de mal.

C’est un postulat.
C’est un acte de foi en l’autre.
C’est un pari.

C’est ce qu’écrit, et nuance, une collègue, Aliette d’Ivernois de Panafieu dans la revue de notre association :

 Attention à bien distinguer deux formes de confiance.
Une confiance authentique, celle que j’accorde à la personne pour qui elle est, à priori, comme un pari, comme un cadeau, et une autre confiance, sorte de chantage à peine déguisé qui attend des gages, dépend des preuves (bonnes notes, fidélité, ponctualité…) et se conjugue au conditionnel : « Je te fais confiance si tu… ou je te ferai confiance… si…quand… ».
Voilà bien l’illustration d’une manipulation, cousine du chantage affectif et voisine du contrôle, expression d’une exigence de vérité qui réduirait l’autre à mon besoin de savoir ou de dominer… ».

Autrement dit, dis-moi tout. Dis, fais, ce que je te demande de dire, de faire. Obtempère et je verrai si tu es suffisamment conforme, docile – ou repentant(e) – pour être digne de ma confiance. On est bien dans le contrôle, inconscient le plus souvent, peut-être, mais injonctif ; il révèle cependant une fragilité – et qui n’en a pas – qui mériterait d’être explorée.

L’air de rien, une question : et si l’on commençait par avoir confiance en soi ?

 « Et comment je pourrais de nouveau lui faire confiance après ça ? »
Eh bien peut-être que la question qu’il faut plutôt se poser, c’est : Pourquoi ?
Pourquoi de nouveau accepter de prendre ce risque ? De réinvestir cette « croyance optimiste » ? En a-t-on envie ?

Si c’est le cas, alors la réponse au « comment » s’imposera d’elle-même : en le voulant. Laissons-la faire ; elle ré apprivoisera doucement cet état psychologique.

Continuer, sans même parler de pardonner, est une des choses les plus difficiles à faire quand il s’est passé quelque chose et qu’on a été blessé(e). Et on prend un risque, c’est sûr. Mais le risque est inhérent à toute relation interpersonnelle. Amoureuses, familiales ou amicales, nos relations arborent mille et une petites (ou grandes) cicatrices qui témoignent des efforts consentis quand elles en valent la peine.

La réponse peut néanmoins être « non » ; écoutons-la aussi, elle nous protège.

C.C – Conseillère conjugale

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